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Jésus de Nadau à l’Olympia

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1 Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 15 Avr - 20:34

Danís


Adjudant
Rappel du premier message :

Avem reçaubut aquò de quauqu'un que n'en reconeitretz la sinhatura en bas se setz un acostumat de queu forum. Quo es pas en occitan malurosament, mas incisiu e, ma fe, plan escrich.

Jésus de Nadau à l’Olympia

Le groupe occitan Nadau s’apprête à monter pour la troisième fois sur la scène de l’Olympia, la fameuse salle parisienne reconstruite à l’identique, qui de temps à autre, pour faire entrer un peu d’argent dans la caisse, loue ses planches à des baladins provinciaux en mal de vedettariat, à cette condition toutefois que ces derniers s’engagent à organiser eux-mêmes l’acheminement de leur public vers la capitale en bus ou en train, avec la complicité d’élus démagogues. Pour ne pas nuire à l’image de marque de l’Olympia, la communication reste discrète. L’affiche du groupe Nadau est donc absente du site Internet du célèbre music-hall, contrairement à celles de tous les artistes invités. Il me semble qu’il faudrait scénariser ce non-événement. Comment en sommes-nous arrivés là ? Au début des années 90, alors qu’il chantait confidentiellement depuis des lustres, Joan de Nadau a commencé à cogiter. Comme il est bon en calcul, il s’est aperçu que s’il arrivait à racoler quatre cents personnes pour les caser sur scène, il remplirait aisément le Zénith de Pau avec les familles et les voisins. Dès lors, le pli était pris. Joan de Nadau s’est constitué porte-parole du petit peuple de nos contrées, qu’il photographie dans ses chansons, soi-disant. Tant de sollicitude n’est peut-être pas totalement désintéressée. Populisme et gros sous faisant souvent bon ménage, le grand reporter Joan de Nadau se garde bien d’expliquer à ceux qu’il caresse dans le sens du poil que les droits d’auteur versés par la Sacem sont proportionnels au prix et au nombre des entrées. Et pour attirer les chalands, notre poète ne recule devant rien. Aujourd’hui, il fait tirer des feux d’artifice, comme pour une fête nationale. Demain il fera tirer le canon. Sa mégalomanie sert les nationalistes, qui ont besoin de prouver qu’ils sont une multitude. L’absence de critique musicale occitane permet à ce chantre de la diversité de truster le marché. Dans la pseudo-culture occitane en effet, le port ostentatoire de signes idéologiques et le militantisme bruyant sont des preuves irréfutables de valeur artistique. Aussi est-il impensable de critiquer la musique de patronage d’un groupe bardé de croix occitanes, qui sponsorise les écoles Calandretas. Le rouleau compresseur Nadau avance sur un terrain soigneusement déblayé, purgé des dissidents qu’on a fait taire en les traitant systématiquement de psychotiques pour les exclure. Le groupe emblématique occitan de Gascogne est donc le fruit de la propagande et de son corollaire la censure, une censure habile, masquée, mais décourageante et efficace de tous les auteurs-compositeurs interprètes d’expression béarnaise et gasconne qui n’ont pas la vocation de devenir les V.R.P. comiques de l’occitanisme. Car Joan de Nadau est très farceur. Dès qu’il est en représentation, il exagère son accent gascon. En concert, il prend un air inspiré pour débiter des platitudes. Quand on l’interviewe, il bafouille comme un débutant submergé par l’émotion. Il a du mérite. Mettons-nous à sa place : prisonnier du personnage bon enfant qu’il s’est créé de toutes pièces, il est contraint de s’en tenir aux lieux communs, sous peine de provoquer une épidémie de méningite chez les braves gens un peu simples et les occitanistes intellectuellement limités qui boivent ses paroles. Interrogé sur France 3 Pau Sud-Aquitaine à propos du bouquin que venaient de lui consacrer deux hagiographes, il a trouvé le moyen de déclarer que c’était « comme si ces trente-trois ans de chansons prenaient un sens tout d’un coup », ce qui revenait à avouer qu’auparavant tout ce remue ménage n’en avait guère. Comment parler avec pertinence quand on porte un masque ingénu, c’est le problème insoluble que ce prof de maths aujourd’hui à la retraite s’acharne à résoudre inlassablement pour nous distraire. Mais les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures et celles de Joan de Nadau, interminables et ressassées, sont usées jusqu’à la corde. La venue d’un orchestre de chambre ne suffira pas, j’en ai peur, à renverser la vapeur, la virtuosité des instrumentistes n’ayant réussi jusqu’à présent qu’à faire ressortir l’affligeante banalité des compositions du leader à béret inamovible. Car plus consensuel, tu meurs ! « Même pas mal », nous rassure à ce sujet, en français de cours de récréation dans le texte, le refrain d’une de ses chansons. Je propose donc une mise en scène exceptionnelle, à la mesure de la haute idée que l’intéressé a visiblement de lui-même. On sait que les cochonnailles jouent un rôle déterminant dans le conditionnement des supporters de Nadau, qui auront fait ripaille pendant le voyage. Pour marquer les esprits embrumés par les vapeurs du madiran, il est indispensable d’introduire un peu de spiritualité dans le déroulement de la
soirée. Or quoi de plus spirituel que le mystère de la nativité, cette grande fête à laquelle le nom même de Nadau, Noël en gascon, est une invitation ? D’ailleurs, le précédent album ne s’appelait-il pas Saumon ? Saumon de Noël, le cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année, il fallait y penser. C’est qu’il en a sous le couvre-chef notre artiste officiel du parti ! Et plus récemment, la Vierge Marie elle-même n’est-elle pas devenue la protectrice attitrée du groupe, à la faveur d’un cantique s’achevant par les mots « Maria de Nadau », cantique composé par le même Joan de Nadau décidément de plus en plus subtil ? À peu de frais, il est possible de transformer rapidement la scène de l’Olympia en crèche vivante. Il suffira de déposer une botte de paille au milieu du plateau et d’y installer notre Messie dans le plus simple appareil, une serviette de bain entortillée autour des hanches en guise de langes. Bien emballée dans un vieux drap de coton teint en bleu ciel, l’ensorcelante Ninon Paloumet campera à coup sûr une Vierge Marie plausible. Les musiciens, soigneusement grimés à l’aide de quelques accessoires qu’on aura dénichés dans n’importe quel magasin de farces et attrapes, se répartiront les rôles pour incarner qui Joseph, qui le bœuf, qui l’âne gris, qui les anges descendus des cintres à l’aide de poulies actionnées par les machinistes. Quant à Gaspard, Melchior et Balthazar, les Rois mages accourus pour adorer notre Sauveur, on aura pris soin de demander à Bayrou, Lassalle et Ricarrère d’apporter leurs robes de chambre à l’Olympia. Ils iront discrètement les revêtir dans les coulisses, juste avant de faire leur entrée en scène les bras chargés de subventions, coiffés de couronnes en carton doré récupérées lors de leurs dernières dégustations de galettes à la frangipane, et l’illusion sera parfaite. L’enfant Jésus saisira alors son accordéon diatonique, ouvrira la bouche… Ô miracle ! La mélodie enchanteresse de L’Imortèla, ce chef-d’œuvre impérissable de la liturgie occitaniste, cette sublime illustration du style pompier dans ce qu’il a de plus pur et de plus authentique, s’élèvera dans un silence recueilli, avant d’être reprise en chœur et avec entrain par l’assemblée des fidèles. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonneront à toute volée pour signaler la chose. Benoît XVI, alerté, donnera à tout hasard sa bénédiction du haut du balcon de la basilique Saint-
Pierre de Rome. Et comme la grand-messe de l’Olympia sera retransmise en direct sur toutes les chaînes de toutes les télévisions du monde entier, Céline Dion, scotchée devant son écran par le talent inouï, le phrasé incomparable, le swing irrésistible du divin enfant, s’exclamera : « Tabernacle ! Ce type est trop fort, il faut absolument que j’enregistre un album en duo avec lui. - A star is born ! » confirmera René, qui s’y connaît. Et dès le lendemain, notre héros s’envolera pour Las Vegas et ce sera enfin le début de la carrière internationale dont Joan de Nadau, devenu John of Christmas pour les besoins du showbiz, a tant rêvé dans le secret de son cœur. Merci qui ?

Marilis Orionaa


61 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 23 Avr - 14:10

joan_cavalier


Trobador !!
Trobador !!
Non lo top es "La porta dab lo pé" Jan "MC Wesh wesh" de Nadau

http://www.myspace.com/joan_cavalier

62 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 23 Avr - 14:18

joan_cavalier


Trobador !!
Trobador !!
Tiston a écrit:

oc-es, ad'aquela epòca desja, Joan Cavalier, que coneissiam coma "the Big dreux" (ai jamai compres çò que quò volia dire... me io diras?)

Anem se sias manhac, zo te dirai lo primier còp que nos veirem de cara e que beurem un gòt amassa.

Aprep ta te rassegurar, lo meu periode "rompa-bassa, butaire de rambalh" torna montar a luenh, a l'edat de 2 jorns, eri de me desrevelhar a 5 oras del matin de me fotre de cridar fins als moment onte totes los altras nenets eran desrevelhat de plorar, e tre qu'era lo cas, me tornavi endormir.... veses manhac, auria calgut tuar la bestia tre la debuta, es pas a leu 33 ans que capitaran de me cambiar, coma disia Alphonse Allais "Si un jour j'ai du plomb dans la tête, ce sera du 7.32" lol

Amistats (e al plazer que nos tornessem mandar cachiar (neologisme ta nos botar d'acordi lol)

Cedric

http://www.myspace.com/joan_cavalier

63 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 23 Avr - 15:21

Marxelin


Occitan Warrior
Occitan Warrior
Se somiàvem
Se somiàvem
Se somiàvem de cèl un pauc...

http://www.anaram.org

64 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 23 Avr - 18:50

Tiston


Occitan Warrior
Occitan Warrior
joan_cavalier a écrit:

"Si un jour j'ai du plomb dans la tête, ce sera du 7.32" lol
mas per esser precis, crese qu'eu parlava de 7.65, l'Allais...


joan_cavalier a écrit:Amistats (e al plazer que nos tornessem mandar cachiar (neologisme ta nos botar d'acordi lol)

Cedric
me disia que me 'niria benleu far un torn a l'Estivada, ujan... quauqu'un sap quauquaren sus la programacion 2010?

65 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 23 Avr - 18:54

Tiston


Occitan Warrior
Occitan Warrior
joan_cavalier a écrit:

e al plazer que nos tornessem mandar cachiar (neologisme ta nos botar d'acordi lol)

Cedric

se un jorn, en 2050, la linga occitana ven oficiala, e que i'a un occitan "normalisat" per los medias, voldria ben que queu mot sia empleiat per tot lu monde, en suvenir de quela granda brejada, la mai granda de tota l'istoria d'Occitania, entre the Big Dreux e Lo Tiston... Brejada a la quala se junheren tot ço que la linguistica occitana comptava ad'quela epoca de grands linguistes occitans (Sumien, Sauzet, Martel...)

66 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 4:16

Alh Òli


Occitan Warrior
Occitan Warrior
ti pòdi dire de sorga segura que Martel es pas linguista

67 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 8:54

Mertyl


Occitan Warrior
Occitan Warrior
Martel lo professor d'istòria?

http://www.occitanews.com

68 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 10:36

admin


Trobador !!
Trobador !!
Héhé


_________________
Tant d'annadas aviái somiat
Al mòble en kit crompat a But !
Mas en lo montant l'ai petat !
Ai, Cocut !

Pau DELERMÀS-FIGORNIÈR
http://omidelafotografia.wordpress.com/

69 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 11:04

joan_cavalier


Trobador !!
Trobador !!
Mertyl a écrit:Martel lo professor d'istòria?

Non lo jornaliste lol

http://www.myspace.com/joan_cavalier

70 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 12:16

Sokolovic


Trobador !!
Trobador !!
Tiston a écrit:
joan_cavalier a écrit:

"Si un jour j'ai du plomb dans la tête, ce sera du 7.32" lol
mas per esser precis, crese qu'eu parlava de 7.65, l'Allais...


joan_cavalier a écrit:Amistats (e al plazer que nos tornessem mandar cachiar (neologisme ta nos botar d'acordi lol)

Cedric
me disia que me 'niria benleu far un torn a l'Estivada, ujan... quauqu'un sap quauquaren sus la programacion 2010?

L'aurà lo Còr de la Plana normalament, lo demai ne'n sabi ren.

Aurem un estand aquest an.

71 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 20:19

Danís


Adjudant
Tiston a écrit:me disia que me 'niria benleu far un torn a l'Estivada, ujan... quauqu'un sap quauquaren sus la programacion 2010?

Matieu C. a écrit:L'aurà lo Còr de la Plana normalament, lo demai ne'n sabi ren.

Lo Còr de la Plana, òc, quo es pas una granda suspresa. Per lo demai vos faudrà esperar lo 17 de mai e la conferencia de prensa oficiala e la publicacion dau programa !

72 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Lun 26 Avr - 22:51

admin


Trobador !!
Trobador !!
Anem, coma es una tradicion, vau dubrir lo subjècte Estivada 2010 !


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Pau DELERMÀS-FIGORNIÈR
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73 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 30 Avr - 15:43

guigui


Rata-Pinhata
Rata-Pinhata
Ieu aimi plan Nadau, e quitament se la musica de la marilis me plai tanben, tròbi qu'èla canta coma una craba. E son asirança cap a Nadau, francament, non vesi pas l'interés. E m'empacha pas d'esser per la descreissença e per l'occitan.
Na!

74 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 6 Mai - 21:14

fadu11


Cacha-Niu
Cacha-Niu
Soi d'acordi ambe tu guigui. Compreni pas l'asirança de la Marilis Orionaa. Benleu qu'es gelosa. Erem mai de 2 000 à cantar en occitan amb Nadau à l'Olympia: un moment que me remembrarai tota ma vida. Pensi que Nadau fa de poesia e pas de politica. Marilis deuria fa coma el, mas soi pas segur qu'a pron de talent.

75 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 6 Mai - 22:28

fredoc


Occitan Warrior
Occitan Warrior
fadu11 a écrit:Soi d'acordi ambe tu guigui. Compreni pas l'asirança de la Marilis Orionaa. Benleu qu'es gelosa. Erem mai de 2 000 à cantar en occitan amb Nadau à l'Olympia: un moment que me remembrarai tota ma vida. Pensi que Nadau fa de poesia e pas de politica. Marilis deuria fa coma el, mas soi pas segur qu'a pron de talent.

Desencusa'm mes...
Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant Escacalassant


_________________
Ací qu'ei l'alh ! ce disè la ceba. / Amic de cadun, amic de degun.
"La vida es una tombola", Manu Chao.
http://www.occitania-fotbol.com

76 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 6 Mai - 22:40

admin


Trobador !!
Trobador !!
Cadun son vejaire...


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Pau DELERMÀS-FIGORNIÈR
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77 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 7 Mai - 8:16

fredoc


Occitan Warrior
Occitan Warrior
Ok, ben jo que pensi que mo mei gran poèta ei Johnny, eth ne son pas 2000 espectators qui amassa, mes 100 000.
De segur, qu'a mei de talent que la Marilis.


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78 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Ven 7 Mai - 18:35

fadu11


Cacha-Niu
Cacha-Niu
Volia pas dire que lo nombre d'espectators fasia lo talent, mas que la Marilis poiria esser mai modest.
Aprep, de segur, cadun son vejaire.
Amistosament, que voli pas far la guèrra per aquo. Risolet

79 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 15 Juil - 16:51

Danís


Adjudant
Marilis nos a fach una seguida a son prumier article (e un Big Up au forum, au passatge !)

L’Évangile selon sainte Renée

Rendons justice aux jeunes gens du forum Occitania, à qui j’avais envoyé mon Jésus de Nadau à l’Olympia. Ils le publièrent, en débattirent et renchérirent sur cette idée toute simple qu’une culture sans critique est une aberration. Sur un autre forum de discussion, la flicaille occitaniste, toujours partante pour un contrôle d’identité, se mit aussitôt à glapir que Marilis Orionaa n’était pas mon vrai nom, un scoop aussi ratatiné
qu’éventé, mon état civil figurant depuis belle lurette à la première ligne de la première page de la première rubrique de mon site Internet. La même barbouze versa dans la psychologie de comptoir : je réglais mes comptes avec mon occitaniste de père. Le diagnostic était doublement erronné : mon géniteur est revenu de l’occitanisme et ma satire l’a enthousiasmé. Des internautes me remercièrent de leur dessiller les yeux, d’autres de les égayer. Des croyants furibonds, révulsés par mon ignominie, me sommèrent de faire acte de contrition pour avoir blasphémé le nom du pro-fêtes. Des sectateurs de tout poil volèrent au secours du pauvre petit Joan de Nadau, si
fragile, si vulnérable, sauvagement agressé par la cruelle et toute-puissante Marilis Orionaa, laquelle était mue de toute évidence par une jalousie féroce.
À dire vrai, n’importe quel artiste qui se respecte aurait honte de se propulser à la capitale pour y prêcher des convertis, dans l’indifférence quasi-totale du public parisien et de la presse musicale, et sans le moindre visuel sur le site de la salle louée pour cette opération événementielle d’esbroufe. Arnaud Delbarre, le très discret directeur général de l’Olympia depuis que celui-ci n’est plus qu’une filiale lucrative d’Universal, s’est-il offusqué de ce que j’assimilais son Lascaux II à un vulgaire local commercial ? A-t-il souhaité rasséréner un bon client en réparant un oubli fâcheux ? Ayant sympathisé avec ce même client, a-t-il voulu montrer au visiteur épaté jusqu’où pouvait aller le copinage ? Toujours est-il qu’un bon bout de temps après la bataille l’affiche du groupe Nadau fit une apparition inopinée sur le site de l’établissement, légendée d’un tonitruant « L'Olympia remercie Joan et toute l'équipe de Nadau pour le formidable spectacle du samedi 24 avril 2010 », cousu de fil blanc. C’était un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais. Et tout est bien qui finit bien pour Joan de Nadau, dont la carrière artistique repose depuis une vingtaine d’années sur de grossières techniques de marketing, les formules magiques « trois Zéniths », « trois Olympias », agissant comme un sésame sur la mentalité des organisateurs de fêtes patronales plus soucieux de remplir leurs salles polyvalentes que de s’enquérir de la façon dont un prétendu phénomène de société a été entièrement fabriqué. Car l’esprit de Bruno Coquatrix ayant déserté les lieux depuis longtemps, l’Olympia n’est plus qu’un beau décor où à peu près n’importe qui peut se produire aujourd’hui moyennant finances, 21 500 € aux dernières nouvelles.
Dans les couloirs du conseil général des Pyrénées- Atlantiques, on s’alarma. Les prouesses quantitatives du groupe Nadau ont toujours été fort appréciées par nos politiques pour des raisons bien compréhensibles, peu d’élus résistant à l’attrait d’un bain de foule procuré grâce aux efforts conjugués du lobby occitaniste et d’une espèce de gourou faussement rustique, habile à flagorner son public. De fervents défenseurs des valeurs de la République manifestèrent une allergie soudaine à la liberté d’expression et exercèrent de discrètes pressions pour faire taire la pamphlétaire. Un compromis fut trouvé : un sas de sécurité permettant d’accéder à mon blog avertit désormais les promeneurs qu’ils s’engagent sur cette voie à leurs risques et périls et qu’il est inutile de venir chercher des noises à l’Institut béarnais et gascon si leurs certitudes volent en éclats à la lecture de la prose de l’irréductible Marilis Orionaa.
Dans L’Éclair et La République des Pyrénées, dès le lundi qui suivit la teuf, un compte rendu gratiné fut publié par Renée Mourgues, championne du journalisme de proximité et exégète du grand poète pour analphabètes Joan de Nadau. Car ce laborieux rimailleur, qui se contente bien souvent d’aligner des mots déjà chargés de connotations (la terre, la mer, le soleil, la montagne, la pierre, le chemin, la fontaine…), ne peut passer pour un troubadour que grâce à l’ignorance dans laquelle l’occitanisme entretient l’opinion en censurant tout ce qui fait obstacle à son nivellement purificateur.
S’il y a un homme qui mérite d’être considéré comme le plus grand poète d’expression béarnaise, ce n’est certainement pas Joan de Nadau, comme l’a claironné il y a quelques années François Bayrou, qui joue volontiers les experts alors qu’il peine à soutenir une conversation en béarnais, mais bien plutôt Alexis Arette. Et parce que la littérature est plus grande que la politique, plus grande que la linguistique, plus grande que les affinités des uns et des autres, l’occitaniste socialiste Roger Lapassade lui-même s’inclinait devant l’extraordinaire talent de son adversaire, avec qui il avait fondé le festival de Siros en 1967. Les temps ont changé. En 2010 les militants sont obtus et Alexis Arette est tabou. Si les occitanistes rouvrent le camp de Gurs pour y entasser leurs dissidents, je demande à être enfermée avec Jean Lassalle, qui lui non plus ne cache pas son admiration *. On se récitera des poèmes d’Alexis Arette en attendant des jours meilleurs. Car depuis que leur culture occitane n’est plus que de l’idéologie, une idéologie qui a toutes les caractéristiques d’une religion de substitution, Alexis Arette a de nombreux défauts rédhibitoires aux yeux des bigots et bigotes de confession occitane. Qu’un ex-militant du Front national, farouchement anti-occitaniste de surcroît, puisse être dans le même temps un génial poète béarnais de l’œuvre duquel
toute personne qui prétend s’intéresser à la langue autochtone de Béarn et Gascogne à intérêt à se rapprocher pour s’en imprégner, voilà qui dépasse l’entendement pour le Q.I. de nain de jardin de l’occitaniste moyen, ravagé par la lecture hebdomadaire des psaumes de David Grosclaude et qui n’aspire plus qu’à faire ses dévotions à l’ombre de la croix occitane. Aussi la secte des occitanistes du Béarn, s’inspirant de pratiques rodées en U.R.S.S. sous Staline, s’efforce-t-elle d’effacer jusqu’au nom d’Alexis Arette de ses recensements et place- t-elle sur un piédestal celles de ses recrues qui lui paraissent les plus aptes à répandre sa doctrine délétère, tel le médiocre Joan
de Nadau, ou encore le burlesque Javaloyès, qui ne rate jamais une occasion de se ridiculiser en se drapant dans sa dignité d’écrivain de langue occitane, pour tenter de faire oublier qu’il est aussi illisible qu’inécoutable par quiconque sait un tant soit peu à quoi ressemblent le béarnais et le gascon lorsqu’ils sont harmonieusement écrits et parlés.
Quoi qu’il en soit, de l’aveu même des fans qui s’épanchent sur le livre d’or de Nadau, on apprend au milieu d’un invraisemblable déballage de guimauve que le raid fut loin d’être un succès : le concert avait déjà commencé que la moitié de l’auditoire attendait sur le trottoir de passer à la fouille ; il y avait beaucoup de viande soûle dans la salle (ce qui est prévisible quand on fait l’apologie de la féria) ; une bonne partie des
spectateurs ont préféré plaisanter bruyamment plutôt que d’écouter Joan de Nadau radoter ses immuables présentations (qu’ils connaissent par cœur de toute façon) ; le malheureux François Bayrou s’est fait copieusement huer (c’est bien fait
pour lui) ; les arrangements joués par la fanfare de service étaient un peu lourdingues ; et les vigiles, loin d’être subjugués par cette caricature de liesse populaire du Sud-Ouest, étaient visiblement pressés d’en finir. En revanche, le voyage en train remporte tous les suffrages, et c’est toujours ça. Mais sainte Renée de la Proximité ne l’entendit pas de cette oreille. Sitôt que retentirent les premiers accords de la banda landaise, recrutée pour faire comprendre aux plus bornés que toute autre mimique qu’un visage hilare était malséante au début d’un concert de Nadau, l’envoyée spéciale de la presse locale se pénétra une fois de plus de cette idée saugrenue que sa mission ici-bas était de manier l’encensoir pour nous vanter les mérites de la musique occitane de stricte obédience. Avec une conception toute particulière de l’objectivité journalistique, la groupie du crooner du bas Luchon donna donc libre cours à sa félicité, afin d’éclipser mon propre projet de mise en scène sur le thème de l’Épiphanie, où elle aurait pourtant joué avec brio le rôle de la ravie de la crèche. La sainte nitouche de
Pyrénées-Presse fit d’ailleurs allusion à ma pochade : Joan de Nadau ne dégoisait pas des « platitudes » mais de l’humanité, de l’identité, de l’ouverture, de la modernité… Bref, des poncifs. Et notre béate de se pâmer de plus belle sur l’expérience ébouriffante qu’elle venait de vivre.
On eut même droit au décompte des victuailles embarquées à bord des trois TGV affrétés pour l’occasion. On sut alors le fin mot de l’affaire. Si Joan de Nadau a renoncé à se distinguer par l’originalité de ses chansons, s’il se complaît dans le conformisme pour être sûr de faire du chiffre, s’il additionne frénétiquement Zéniths, Olympias, trains, spectateurs, DVD, barriques de pinard, canettes de bière, miches de pain, fromegi, charcuterie, et autres conquêtes dont sa fidèle Renée supervise la scrupuleuse comptabilité, c’est dans l’espoir de pouvoir tout au moins entrer un jour en grande pompe dans le Livre Guinness des records.

Marilis Orionaa
* Jean Lassalle, La parole donnée, le cherche midi, 2008, p. 29-30.

80 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 15 Juil - 18:47

Alh Òli


Occitan Warrior
Occitan Warrior
Bon, c'est cool, je lirai Alexis Merguez, quand j'aurai envie...

81 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 15 Juil - 20:14

Sokolovic


Trobador !!
Trobador !!
Alexis Arette a pas un liame ambé lo FN ?

82 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 15 Juil - 20:16

Danís


Adjudant
Matieu C. a écrit:Alexis Arette a pas un liame ambé lo FN ?

Tu, as pas bien legit l'article :

Qu’un ex-militant du Front national, farouchement anti-occitaniste de
surcroît, puisse être dans le même temps un génial poète béarnais de
l’œuvre duquel
toute personne qui prétend s’intéresser à la langue
autochtone de Béarn et Gascogne à intérêt à se rapprocher pour s’en
imprégner, voilà qui dépasse l’entendement pour le Q.I. de nain de
jardin de l’occitaniste moyen, ravagé par la lecture hebdomadaire des
psaumes de David Grosclaude et qui n’aspire plus qu’à faire ses
dévotions à l’ombre de la croix occitane.

83 Re: Jésus de Nadau à l’Olympia le Jeu 15 Juil - 20:43

Sokolovic


Trobador !!
Trobador !!
Danís a écrit:
Matieu C. a écrit:Alexis Arette a pas un liame ambé lo FN ?

Tu, as pas bien legit l'article :

Qu’un ex-militant du Front national, farouchement anti-occitaniste de
surcroît, puisse être dans le même temps un génial poète béarnais de
l’œuvre duquel
toute personne qui prétend s’intéresser à la langue
autochtone de Béarn et Gascogne à intérêt à se rapprocher pour s’en
imprégner, voilà qui dépasse l’entendement pour le Q.I. de nain de
jardin de l’occitaniste moyen, ravagé par la lecture hebdomadaire des
psaumes de David Grosclaude et qui n’aspire plus qu’à faire ses
dévotions à l’ombre de la croix occitane.

La famosa diagonala ! Risolet

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